Presses Universitaires de Vincennes

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Cixous sous X
  • Auteur(s) : Collectif
  • Collection : L'Imaginaire du Texte
  • Nombre de pages : 184
  • Langues : Française
  • Paru le : 10/02/2010
  • EAN : 9782842922405
  • Caractéristiques
    • Support : Livre broché
    • ISSN : 0986-5152
    • CLIL : 3643 Essais littéraires
    • ISBN-10 : 2-84292-240-9
    • ISBN-13 : 978-2-84292-240-5
    • EAN-13 : 9782842922405
    • Format : 137x220mm
    • Poids : 274g
    • Illustrations : Non
    • Édition : Première édition
    • Paru le : 10/02/2010
    •  
    • Support : PDF
    • ISBN-13 : 978-2-84292-284-9
    • EAN-13 : 9782842922849
    • Taille : 1 Mo
    • Protection : Marquage (water mark)
    • Illustrations : Non
    • Paru le : 10/02/2010
    •  
    • Support : ePub
    • ISBN-13 : 978-2-84292-606-9
    • EAN-13 : 9782842926069
    • Taille : 1 Mo
    • Protection : Marquage (water mark)
    • Illustrations : Non
    • Paru le : 10/02/2010
    •  
    • Support : pack ePub + PDF
    • ISBN-13 : 978-2-84292-750-9
    • EAN-13 : 9782842927509
    • Taille : 1 Mo
    • Protection : Marquage (water mark)
    • Illustrations : Non
    • Paru le : 10/02/2010
    •  

Cixous sous X

d'un coup le nom

Lectures croisées de l’œuvre de l’écrivain Hélène Cixous, intertextualité dans son œuvre et dans ses rapports avec les artistes contemporains (Simon Hantaï, Roni Horn, Maria Chevska).

Qu’y a-t-il « dans » un nom ou au mi-lieu d’un nom ? Qu’est-ce qu’un mi-lieu ? À partir du x autour duquel s’articule le nom d’Hélène Cixous, les textes du présent ouvrage interrogent la relation transitive que la lettre chiffrée « sous X » entretient avec les grands textes philosophiques contemporains de Jacques Derrida et Gilles Deleuze. Parcourant l’œuvre d’Hélène Cixous de ses commencements aux publications les plus récentes, les analyses ici réunies composent toutes avec le nom. Elles en suivent les formations composites et les familles recomposées : Cixous avec Poe, Sir Thomas Browne, saint Augustin, Olivier de Serres, Beckett, Stendhal, Lispector, Kafka, Mallarmé, Silesius… Plusieurs lectures critiques des correspondances de l’écrivain avec des artistes contemporains tels que Simon Hantaï, Roni Horn et Maria Chevska viennent compléter cet ensemble.

Coordinateur(s) du numéro :
Marie-Dominique Garnier |

Joana Maso |
Auteur(s) :
Marie-Dominique Garnier |
Isabelle Hersant |
Joana Maso |
Laurent Milesi |
Jean-Michel Rabaté |
Frédéric Regard |
Marta Segarra |
Nadia Setti

SommaireExtrait(s)Collection/Abonnement

Mots-clés : Chevska (Maria) | Cixous (Hélène) | Deleuze (Gilles) | Femme | Femmes auteurs | Hantaï (Simon) | Horn (Roni) | Littérature | Noms | Philosophie | Secret

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Sommaire

Présentation

I. Lectures au près du nom

Lettres voilées : de Partie (Hélène Cixous) à Sauf le Nom (Jacques Derrida)
Marie-Dominique Garnier

Entre citation et devenir : noms verbaux d’Hélène Cixous
Joana Masó


II. Boîtes aux lettres diacritiques

Le tréma de Poe, l’Umlaut d’Ulm et le circonflexe de Futur
Jean-Michel Rabaté

Les lettres de l’amour… même
Marta Segarra



III. De H. C. à Hantaï et Chevska


Un effet de Manche : lecture de « K. A Notebook » de Maria Chevska et Hélène Cixous
Frédéric Regard

Sous la figuration du trait, la figure du retrait : le pli et le secret
Isabelle Hersant




IV. Voiser, voisiner : traductions, transports


Algébrie à l’irlandaise : Le Voisin de zéro
Laurent Milesi

Mélographies cixousiennes : partitions pour lettres enfouies
Nadia Setti

Présentation des auteurs

 




Résumé

Abstract

Extrait(s)

Présentation

 

Intouchable. Un nom dit toujours non, qu’on le veuille ou non. Cixous « sous X » ? Rusée comme ses voisines de fins d’alphabet (Y la grecque, W la double, Z l’hyperactive glis­sante), une x croise à première vue une signature et son contraire – rature plutôt qu’écriture, trace anonyme, inconnue d’équation. Échappée belle du milieu d’un nom propre, x court vite, coupe à travers champs, creuse l’alphabet, ressort côté algèbre, et se change en aleph alg’hébraïque. Bête alphabétique, elle file : lonza ocellée « vive et légère » de Dante ou phénix renaissant à travers Neutre d’Hélène Cixous 1.. De Neutre jusqu’aux très récents Si près ou Ciguë c’est encore d’elle qu’il s’agit en somme : retour vivace d’un « si » ou « chi » lisse, qui glisse ainsi, de variation en variation, du nom à l’écriture. Note, trace de tessiture autant que texture, jusqu’où court-elle ainsi ? X ne fait-elle pas signe, lettre affranchie et paradoxalement taxable d’étrangère, vers une autre approche de ce qu’on appelle toujours texte ? Vers ce qui serait une ­révision de la textualité comme zone franche, comme espace immunitaire offrant un droit d’asile à d’autres modalités de « traitement » ?

Échangeable, « changeling », la lettre chiffrée « sous X» ­entre en relation transitive avec les grands textes de la philo­sophie contemporaine que sont, entre autres, Différence et répétition, Logique du sens, Glas et La Vérité en peinture – où le chiasme anexact du c grec devient « le dessin thématique de la dissémination 2.», c’est-à-dire aussi l’une des figures scriptibles, réversibles, de la déconstruction, anagrammatisable en Ich, Isch, she, qui ou key. Une fois mise en voix, la lettre nomade se dissemble plus qu’elle ne se ressemble : « prononcez qui ou khi, en expirant, râlant ou raclant un peu, avec un r en plus au travers de la gorge, presque cri. Mais on peut essayer plusieurs langues et tous les sexes (par exemple she) ». Dans l’économie du « r » ou air en plus, le gène variable vole d’une signature à l’autre, du nom de Derrida à celui de Cixous. Mais dès lors, qu’est-ce qu’une signature ? En passant par la figure du c, Derrida articule quant à lui deux versants a priori incompossibles de l’histoire de la philosophie : « c, l’intersection générale de Glas, de ses commencements ou fins en bandes tordues et écartées décrit aussi l’opération démiurgique dans le Timée : “La systase ainsi obtenue, d’un bout à l’autre il la fendit en deux d’une schize dans le sens de la longueur ; ces deux bandes, il les fixa l’une sur l’autre par le milieu en forme de c 3..” »

Mais la double bande (ou double-bind) en X ou en c ne figure-t-elle pas aussi les contours d’une schize à fleur de peau dont les bords passeraient entre les philosophies de la différence de Gilles Deleuze et de Jacques Derrida : « deux » philosophies (mais la dualité en est-elle le chiffre ?) formant, elles aussi, bandage et bandes à part dans une relation qu’il faudrait désigner, selon l’angle d’approche, comme différentielle ou différancielle ? Sous la plume de Deleuze, lecteur des Stoïciens, de Lewis Carroll ou de la « fêlure » de Fitzgerald, se met en place une pensée où « les évènements sont comme les cristaux, ils ne deviennent et ne grandissent que par les bords, sur les bords » ; et où se relèvent « partout des blessures, des coupures » 4.. Ce que Deleuze entend par évènement hante, comme le Mime de Mallarmé, la charnière de deux séries, résidant le long d’une « ligne droite à deux faces qui réfléchit et ramifie les séries », ou libérant, comme l’un des fragments du Livre, un « élément paradoxal », « perpetuum mobile […] toujours en déséquilibre par rapport à lui-même », à la fois « mot = x » et « chose = x », à la fois « excès et défaut, case vide et objet surnuméraire, place sans occupant et occupant sans place » 5.. Figure de la disjonction autour de laquelle se dissipe l’énergie sérielle de Logique du sens, x opère à la façon d’une lettre nomade, extradée d’un nom à l’autre – lettre de voiture. On y verra la table ou le « plateau » où faire coexister deux signatures en une synthèse disjonctive : Deleuze/Derrida – deux signatures dont l’initiale syllabe, l’unique lancer d’un même dé ou « De- » différemment prononcé, offre à la lecture une synthèse disjonctive ou partage du nom : fausse marque de parité, faux duel (pas-deux), et partie comme-une, c’est-à-dire pas-une.

Sous x, sous ce signe à la fois pas-un et multiple (marque multipliante), s’inscrit ce qui noue la signature à la rature et l’écriture au secret, ce qui rive le nom, dans la pensée derridienne de la signature et de la nomination, au propre et au singulier, à l’inimitable et l’irremplaçable, mais l’ouvre dans le même geste à la répétition, à l’anonymat, à la contrefaçon du contreseing. Comme toute signature derridienne, x est dé-nomination, à la fois adresse et expédition du nom, arrêté fixant la propriété et arrêt du propre, dé/nomination, ouvert à un régime anonyme de voisinage généralisé en terrain vague et infiniment ouvert – nom au devenir deleuzien, c’est-à-dire nom-nomade.

De tels déplacements sont à l’œuvre dans l’écriture ­d’Hélène Cixous dont les textes déjouent l’enfermement et la désignation portés par le nom : « Mais peut-être cette histoire se passe-t-elle sans les noms ? Sous les noms 6. ? » Bien qu’il soit le lieu d’une violence qui consisterait à nommer ou poser en appelant – « Ce serait grande et vaine violence que de les appeler […], ils ne s’étaient jamais porté des coups de nom, ils n’avaient jamais tranché le tendre corps qui s’étendait entre leurs corps en se frappant d’un nom 7.… » –, le nom ne manquera pas chez Cixous d’assurer un passage vers le sens. Au risque d’arrêter, un nom semble pouvoir sauver de l’absence en gardant l’ouverture du désir, le battement du présent avec ce qui ne l’est plus : « Mais tout commence par le nom propre. Je te désire et je te garde et je te tiens solidement au-dessus du néant par ton nom, je te tire de la fosse par la tresse du nom 8.. » Ce que dit la narratrice de Si près à propos d’une lettre qu’elle ne peut adresser à sa destinataire faute d’adresse pourra aussi s’entendre à propos de « x », l’une des lettres, « pliées en quatre », comme un secret de nom : « or je voulais que ma lettre arrive, ou plutôt, je voulais qu’elle ne soit pas arrêtée en chemin 9. ». X, « lettre-l’être », battante et à double-battant 10., dont la force à la fois découple et décuple – lettre carrefour où deux mondes au moins font monde, à l’enseigne des « Deux mondes » à Oran où tenait commerce la tante d’Hélène Cixous – deux boutiques accolées, « bazar bureau de tabac où l’on fournissait tout et en particulier les insignes 11. ». Carrefour asymétrique, anexact, clinamen ou encore « voix qui se voie 12. ».

En partie issues de la Journée d’études « Cixous sous X » qui s’est tenue à l’université de Paris 8, le 19 décembre 2007, les lectures qui suivent arpentent l’œuvre d’Hélène Cixous depuis ses commencements jusqu’aux publications les plus récentes – de Partie (1976) au Voisin de zéro et Si Près (2007), en passant par Un vrai jardin (1971), Manhattan (2002) ou L’Amour même (2005). Il sera question, dans les pages qui suivent, de composer avec le nom, d’en suivre les formations composites et familles recomposées : Cixous avec Poe, Sir Thomas Browne, saint Augustin, Olivier de Serres, Beckett, Hantaï, Stendhal, Lispector, Kafka, Celan, Mallarmé, Silesius… Ce livre prend le parti de mettre en question le propre du nom dit « propre », d’en rendre audibles les forces transverses et « impropres » (où l’oreille lectrice de Poe recon­naîtra son « imp ») qui en parcourent la propriété, et ce faisant en recalculent, en éclaircissent les limites. À la question de la nomination s’articulent de multiples pistes de lecture : le nom et la théologie négative, la violence de l’appellation en littérature, l’invention du nom propre et ses fictions, l’exappropriation et la « destinerrance », les « prénoms de personne », la mort et la réécriture biographique, la pratique de la citation et autres déplacements de l’imaginaire littéraire. En poussant la porte, la sortie cachée au milieu d’un nom propre ou son « exit » intérieur, est apparue la nécessité d’ouvrir la nomination à son dehors, ses hors, ses fors, ses altérations : autant de sorties hors sujet, sans possibilité de repli identitaire ou originaire : acte de résistance à tout enfermement.

Or les intersections de l’œuvre d’Hélène Cixous ne s’ar­rêtent pas aux frontières du littéraire. Ce volume présente des lectures critiques des récentes correspondances de l’écrivain avec des artistes comme Simon Hantaï, Roni Horn et Maria Chevska. Dans Le Tablier de Simon Hantaï, « Faire voir le jamais vu » (Rings of Lispector) et « K. A Notebook » (Vera’s Room) se nouent écriture et œuvre plastique, em­preintes l’une et l’autre du secret échange entre lisibilité et illisibilité de la lettre. Il s’agit à chaque fois d’un travail singulier de ­lettres manuscrites et fragments qui s’entretissent avec l’œuvre plastique : pictographie, homophonie et paronymie, palimpseste, anagramme, hypogramme, le travail de rature des mots sous les mots lisibles, le pli, les voiles…

Chuintante, occlusive, gutturale ou glissante, une lettre circule, feignant d’emprunter l’improbable passage du nord-ouest entre deux voix proches, différantes, de la pensée contemporaine : Deleuze, Derrida, voix l’une et l’autre entendues dans ce volume, et dont la lettre, en son chiasme asymétrique, pourrait figurer la double science, la double séance. X, impossible point de capiton, rature et recommencement. X, pli deleuzien et double éventail post-mallarméen. « Déposons ici l’éventail, exergue au bord de la démonstration 13.. »

Marie-Dominique Garnier et Joana Masó

Afin de respecter les choix typographiques des différents auteurs, et en accord avec le principe de « variance » de la variable x, les coordinatrices de ce volume n’ont cherché à harmoniser ni les différentes graphies de X ni son genre.

1 La « lonza, leggiera & presta molto, animal unique, hors d’espèce, léger et vif ou vive et légère, che di pel maculata era coperta » ; cf. Hélène Cixous, Neutre, Paris, Grasset, 1972, p. 23, citant l’Enfer de Dante.

2 Jacques Derrida, La Vérité en peinture, Paris, Flammarion, 1978, p. 189.

3 Ibid., p. 189-191.

4 Gilles Deleuze, Logique du sens, Paris, Minuit, 1969, p. 19-20.

5 Ibid., p. 83.

6 Hélène Cixous, « Autoportraits d’une aveugle », Jours de l’an, Paris, Des femmes, 1990, p. 174.

7 Hélène Cixous, Messie, Paris, Des femmes, 1996, p. 12.

8 Hélène Cixous, Or, Paris, Des femmes, 1997, p. 21.

9 Hélène Cixous, Si près, Paris, Galilée, 2007, p. 29.

10 Hélène Cixous, Déluge, Paris, Des femmes, 1992.

11 Hélène Cixous, « Pieds nus », Une enfance algérienne, textes inédits recueillis par Leïla Sebbar, Paris, Gallimard, 1997, p. 55-63.

12 Hélène Cixous, Mireille Calle-Gruber, Hélène Cixous. Photos de racines, Paris, Des femmes, 1994, p. 28.

13 Jacques Derrida, « La double séance », La Dissémination, Paris, Seuil, 1972, p. 283.

L'Imaginaire du Texte

Présentation

Qu'il s'agisse d'une oeuvre singulière ou d'un vaste ensemble de textes, qu'elle interroge un genre littéraire ou une question posée en esthétique, cette collection privilégie l'analyse de l'écriture pour comprendre ce qu'il en est de la littérature. Multiple, paradoxale, l'écriture s'entend ici selon la complexité d'opérations langagières, dans les trajets esquissés comme dans les images qu'elle propose ou qu'elle laisse s'effacer.
C'est donc bien à l'imaginaire qu'on intéresse ici, non pas celui du lecteur ou du scripteur, insaisissable en son principe, mais bien celui, à la fois attesté et dérobé, qu'une langue revêt lorsqu'elle s'expose à l'invention d'une forme.

« Tout le travail des textes, tous les trajets dans l'imaginaire »

Sous la direction de Lionel Ruffel